C’est encore arrivé et dire que les leçons n’ont pas été tirées, c’est minimiser le danger auquel nous sommes tous exposés. Les structures sont mises en places pour produire des résultats assez médiocres, parce qu’elles n’apprennent pas à faire le boulot pour lequel elles sont crées. Ceux qui sont morts, sont dans un premier temps les victimes de l’urbanisation anarchique.

Le gouvernement qui s’est dépêché pour présenter les condoléances, fait semblant d’ignorer cette réalité à Dabondi, Hèrèmankonon, Coronthie, et un peu partout dans les cinq communes de la capitale. Que fait-il donc? Discourir sur le sujet. Il existe un ministère en charge de la ville et de l’aménagement du territoire, le même qui s’occupe de l’urbanisme, de l’habitat. De 2011 à 2019, il ne s’est distingué que dans la destruction des maisons des guinéens. Cette question qui est essentielle et qui figure dans les annonces politiques du Chef de l’Etat, n’a jamais été traitée avec sérieux. Le ministère et tout ce qui relève de lui, attend 2040 pour changer l’image de la capitale.

Les quartiers sont dans un grand désordre total et la simple observation renseigne sur le peu de sérieux accordé au secteur. Le mal logement avec tous ses corollaires, manque de toilettes, d’eau, de routes et de caniveaux. Les habitants sont en conflit permanent, à cause des eaux maculées qui sortent des latrines remplies d’excréments et qui traversent les devantures des concessions. Qui n’a jamais été obligé de boucher ses narines, lorsqu’il rend visite à une connaissance dans certains secteurs oubliés ? Qui n’a pas plongé une fois ses pieds dans une poubelle déversée au beau milieu de la route et qui accueillent pleines de chenilles ? Et ces déchets qui jonchent partout, parce qu’ils proviennent des maisons et se dirigent dans les espaces que les eaux de ruissellements se sont elles mêmes crées. Mais elles ne peuvent ni atteindre le peu de caniveaux creusés par les travaux publics, encore moins, la mer, elle-même poussée par les nantis protégés par l’Etat, qui leur offre des domaines et toutes les garanties nécessaires.

 Nous avons passés des mois à bloquer la circulation les samedis, pour permettre aux ministres de prendre des photos auprès des ordures, nous nous rendons compte que nous n’avons rien fait. Et nous venons d’avoir, pour parler du deuxième coupable, les victimes de l’insalubrité. Elle en a tué 8 ou 9, selon celui qui donne les chiffres, en août 2017 à Dar es Salam. La solution qu’on a trouvé, c’est de chasser complètement les occupants. Parce que c’est plus facile de détruire les maisons, que de ramasser les déchets. C’est plus facile de déguerpir, que de travailler sur un plan d’urbanisation cohérent. Un plan dont la mise en œuvre peut sauver des vies. Un plan, dont l’exécution, peut nous éviter cette honte à l’aéroport international de Conakry Gbessia, où l’eau stagne à l’extérieur et l’à entrée.

Pour réussir ce changement, il faut arrêter de trop parler. C’est lorsqu’on se calme, qu’on peut mieux réfléchir. Certains quartiers sont à reconstruire sans doute, mais au bénéfice des occupants, pas des riches, à qui on demande de construire sur les décombres de Kaporo Rails, des immeubles d’au moins 8 étages.  

Jacques Lewa