Le groupe scolaire la référence, au cœur de Kaporo Rails. Toutes les maisons privées ont fait l’objet de démolition et les occupants sont soit partis du quartier ou de la commune, leurs enfants (élèves) ont dû déménager, ou sont restés sur place en attendant de se trouver de nouveaux logements. Les élèves qui sont restés sur place, continuent de fréquenter des écoles épargnées par l’opération de déguerpissement comme « la Référence ».

La plaque de l’établissement la reférence

Assis dans la cour de l’école sous un hangar en le matin du 19 mars 2019, c’est désormais l’endroit idéal pour M. Lamarana Sow de coordonner les activités de la journée. Devant lui, une table sur laquelle plusieurs dossiers sont posés, notamment : les registres de présence des enseignants mais aussi des élèves, des livrets scolaires. Occupé à signer les livrets de certains élèves qui doivent encore quitter, Il n’a que quelques minutes pour répondre à nos questions.

«  L’Etat a pris des dispositions à travers je crois  un message qui leur a été passé par la direction communale de l’éducation de Ratoma de ne pas démolir les écoles. Tous les lieux publics à savoir : les mosquées, les églises, les écoles ont été épargnées. Notre délai c’est jusqu’à la fin année », nous confie le principal.

Il a perdu plus de la moitié de son effectif. « D’environs cinq cent cinquante-neuf (559) élèves du préscolaire au  collège, repartis dans douze (12) salles de classe, avant le déguerpissement, l’école se retrouve aujourd’hui avec un effectif de cent quatre-vingt-dix-neuf (199) élèves dont cent-deux(102) garçons contre quatre-vingt-dix-sept(97) filles répartis  dans seulement dans sept (7) salles de classes.

Les élèves du collège la reférence

«  La démolition a réduit de façon drastique notre effectif et le taux de fréquentation des élèves », se plaint M. Sow. Il nous apprend d’ailleurs que certains élèves (les plus courageux) partent de Sonfonia et d’autres quartiers situés à une dizaine de kilomètres de Kaporo pour venir étudier. Pour M. Lamarana cela prouve à suffisance que les parents d’élèves et élèves les aiment et  ont confiance à son école.

L’encadrement de l’école manque d’espoir cependant. Plusieurs parents d’élèves retirent leurs enfants des salles de classes pour des écoles dont ils sont dorénavant proches. « Je reçois des parents pour le retrait des dossiers scolaires de leurs enfants. C’est compte tenu des difficultés que les parents rencontrent en plus, les enfants sont craintifs vous voyez le quartier est devenu tout comme un désert », nous informe-t-il.

 C’est avec beaucoup de difficultés que Monsieur Sow essaie de terminer l’année scolaire. L’exécution des programmes prend un sérieux coup. « C’est très difficile, d’abord nous venons de reprendre juste après une semaine de la démolition du quartier. Mais nous avons décidé de ne pas fermer l’école car, cela ne sera pas bon pour les enfants ».

L’Ecole n’a certes pas été démolie maintenant, mais M. Sow sait qu’elle le sera, donc il lui faut trouver un autre local loin de Kaporo Rails pour continuer à former les enfants qui acceptent encore de venir à la « Référence ». D’ici là, il compte sur l’aide des autorités du système éducatif pour la prise en charge du personnel enseignant : «  au niveau des professeurs, nous les rassurons parce que pour le moment il n’y a rien mais avec cette campagne auprès des parents d’élèves, nous espérons bien qu’ils auront leur dû avec le délai escompter. Nous nous battons aussi du côté de la DCE de Ratoma pour avoir des accompagnements pour assurer la vie des professeurs mais aussi des élèves ».

En plus d’avoir été laissées au milieu des gravats, plusieurs écoles environnantes ont été vandalisées par des inconnus. Les encadreurs de la « Référence » ont pris le soin de recruter des jeunes pour la sécurité de l’établissement.

Elisabeth Bongouno