Le quartier Hèrèmakonon autre fois appelé Matam 2, est un quartier situé dans la commune de Matam. Limité au nord et nord-est par les deux (2) carrières, au Sud par l’autoroute Fidel Castro, à l’Ouest par Hèrèmakonon mosquée, au Sud-est par Matam centre. Crée en 1963, ce quartier  tire naturellement son nom du dialecte malinké: « Hèrèmakonon » qui signifie « attend le bonheur ». De nos jours, toujours en attente de ce bonheur qui tarde à venir, la majorité des maisons sont construites sans respect d’aucune norme technique et sans règle de l’art. A l’origine, l’inaction de l’Etat et la pauvreté des citoyens.

Hèrèmakonon (vue large)

Avec une forme allongée sur la colline, l’image du quartier Hèrèmakonon ressemble a celle d’une favela du Brésil: des bâtiments entassés qui se surplombent les uns sur les autres des maisons en taudis, des cabarets qui servent d’endroit de regroupement ou consommation de la drogue pour des jeunes, des eaux usées traversant certains foyers voire même sur la route secondaire qui divise le quartier en deux parties et ce n’est pas que cela seulement.

Quelques vieilles battisses

M. Alseny Sylla, un des habitants du quartier, ne cache pas sa colère. Les autorités communales et le gouvernement n’ont aucune considération et aucun projet de développement pour ce quartier dit-il: « Depuis la création de Hèrèmakonon jusqu’à maintenant, c’est pratiquement la même chose, rien à changer: regarder l’état et les types  de maisons c’est pourquoi pendant la période des grandes pluies, nous enregistrons des pertes, la plupart des toilettes sont à ciel ouvert et la rue est le lieu de rendez-vous des eaux usées. On est né dans cette situation, grandit dans ça et jusqu’à présent, nous vivons avec la même situation. L’Etat n’a jamais pensé à ce quartier pour n’importe quel projet de développement, pourtant le quartier est bien visible et reconnu par la commune».

Aissata Camara, Présidente du conseil de quartier Hèrèmakonon

Avec une population estimée à 756.000 habitants, Hèrèmakonon ne dispose que d’un seul établissement public de six classes du primaire, une école franco-arabe et trois (3) établissements scolaires privés. A cela s’ajoute diverses difficultés que les citoyens traversent notamment: le problème d’adduction d’eau potable, manque d’électricité et d’infrastructures sanitaires. La présidente du conseil de quartier Mm.Aissata Camara, interrogée sur la question ne mâche pas ces mots: « le problème majeur de mon quartier et dont-il faut trouver une solution rapide est la santé: il nous faut un centre de santé parce que, lorsqu’on a un malade qui a besoin d’un soin urgent ça nous pose assez de souci, il faut l’amener à l’hôpital de Matam et vous imaginez le temps que cela prend. La construction d’un hôpital à Hèrèmakonon a été et demeure toujours ma priorité la plus absolue. J’ai tout fait: attirer l’attention des autorités, tout ce qui est de mon pouvoir du coté de la commune pour au moins avoir un centre de santé pour mon quartier, mais jusqu’à présent, je n’ai pas eu gain de cause. Vraiment si l’Etat nous aide à avoir un hôpital aujourd’hui, ça serait un ouf de soulagement non seulement pour les citoyens mais aussi pour moi car, pendant tout ce temps à la tête de ce  quartier, c’est mon seul souhait attendu pour mourir avec la paix du cœur »

Alama Kolomou/ Elisabeth Bongono